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Bicyclette a la recherche d'une identité

Cyclisme la Publicité

·         La Radio Découvre le Cyclisme

·         Premiers Journaux

1.      Journalisme sportif

·         Cyclisme et télévision

·         Cinéma et bicyclette

·         Arrivée des grands sponsors

1.      Peugeot
2.      Alcyon

·         La Bicyclette Sans Nom

Haute couture cycliste

La bicyclette a la recherche d'une identité 

Pour triompher au sein de la masse, les bicyclettes devaient avoir leur propre nom, tire d'une marque, sur un logotype susceptible de les identifier et qui jouât en même temps comme signe distinctif. Il en avait été ainsi auparavant avec Michelin et ses pneumatiques, et cela devait se pratiquer chez d'autres grandes sociétés nées au début du XXe siècle.

L'exemple était donne par quelques firmes italiennes, comme Marchio Olym­pia et Edoardo Bianchi, ou quelques sociétés françaises comme Peugeot, Alcyon ou Auto moto.

D'autres célèbres constructeurs de bicyclettes, les frères Fontana de Piove di Sacco. Avec ces derniers, la marque plus que centenaire est parvenue jusqu'a nous, grâce notamment a la fabrication de cadres arti­sanaux au dessin exclusif et, toujours, d'une grande qualité.

Les victoires signifièrent de l'argent, mais aussi un grand pouvoir, car les grandes équipes de ce type, comme celles des firmes Peugeot et Auto moto, dic­taient leur loi dans les épreuves qu'elles couraient, y compris le Tour de France. Henri Desgrange ne supportait plus cette situa­tion, ou les maisons commerciales décidaient de tout et se faisaient une publicité gratuite sur le Tour (qui permettait de vendre des milliers de bicyclettes), tan­dis que L'Auto, journal organisateur de la course, voyait au contraire ses ventes baisser. Desgrange prit une mesure de force: en 1930, tous les cou­reurs du Tour avaient des bicyclettes anonymes, sans marque, et étaient peintes simplement en jaune, une couleur sur laquelle brillait le logo de L'Auto. Le cy­clisme était entre dans une nouvelle ère.

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Le Cyclisme et la Publicité : Une longue et belle histoire d'amour

Ces années trente furent sans aucun doute une bonne décennie pour le cyclisme, un sport qui connut des changements fondamentaux, lesquels, alors, passèrent pourtant presque inaperçus. Ces mutations eurent lieu, comme on pouvait s'y attendre, sur le Tour de France. Nous savons par exemple qu'en 1930 la radio relaya le cyclisme avec ses premiers reportages en direct ou en différé, commentés à la TSF par Jean Antoine, Jean de Lascoumette et Alex Virot. La même année, Desgrange annonçait la naissance des équipes nationales, ce qui supposait un changement historique, puisque, jusque-là, le Tour de France s'était couru selon la formule des équipes de marques. Un peu plus tard, en 1931, les premiers avions commencèrent à survoler le Tour de France, offrant des panoramiques inattendus de la course, tandis qu'en 1932 le cyclisme connaissait une petite innovation, qui devait se révéler à la longue importante, ou du moins commode. Jusque-là, les chaussures des cyclistes étaient comme les chaussures de ville, en cuir noir et très fermées. René Vietto appréciait peu de sentir ses pieds chauffer les jours de soleil, et il décida simplement de pratiquer des trous d'aération dans ses chaussures cyclistes. Cette idée fut copiée non seulement par le reste des cyclistes, mais aussi par les fabricants de chaussures de sport. Les nouveautés devaient se succéder : en 1933, et pour la première fois de l'histoire du Tour de France, la police (qui était dans ce cas la gendarmerie française) se chargea de surveiller la course sur la totalité du parcours. La même année 1933 vit la naissance du Grand Prix de la Montagne, dont le premier vainqueur fut l'Espagnol Vicente Trueba, avec un total de 134 points. Dix cols entraient dans ce classement, et ils furent conquis par « la puce» devant Antonin Magne et Giuseppe Martano. Pourtant, l'innovation principale de ces années-là, la plus importante, celle qui rapprocha le cyclisme du monde des affaires et de ses grands protecteurs, fut la création de la caravane publicitaire. L'idée naquit avec l'apparition des équipes nationales, et avec le fait que, selon les propres mots de Desgrange : « L'entretien des coureurs, les frais, les soins, les hôtels, la nourriture, les massages, le matériel, les pièces de rechange, etc., tout cela sera payé par L'Auto ». Ce changement révolutionnaire dans la conception de la course engagea des frais nouveaux que les organisateurs voulurent amortir sans vider les coffres, en acceptant les investissements de source étrangère. C'est ainsi que vit le jour la première tentative de ce qui allait devenir, un an plus tard, la « caravane publicitaire ». Néanmoins, pour être tout à fait exacts, nous devons revenir encore quelques années en arrière, car cela faisait déjà quelque temps que le chocolat Meunier jouissait du privilège d'avoir un véhicule (à titre gracieux) qui suivait les cyclistes du Tour de France. Cette marque et celle des cirages Lion Noir et des réveils Bayard, dont la présence était occasionnelle, composaient ensemble une mini caravane, qui parfois semait la panique au milieu des spectateurs. Il est vrai, par exemple, que le gigantesque lion noir qui voyageait sur le toit du camion de la marque ne pouvait que faire sensation sur les routes de province, où la voiture était souvent occultée par la végétation, le lion semblant alors flotter dans les airs...Paul Thévenin, le responsable de la « réclame )} des chocolats Meunier, fut le pionnier de la caravane publicitaire en 1930 : il plaça une voiture de sa compagnie en tête de la course, achetant le droit de précéder d'une heure le passage des coureurs, tandis que, derrière ces derniers, s'avançaient encore deux autres véhicules. Une fois tracées les lignes de cette stratégie promotionnelle, le camion qui précède tous les véhicules du Tour de France distribuait un demi million de chapeaux en papier portant le nom de la société, ainsi que plusieurs tonnes de tablettes de chocolat. Bien plus, au sommet des cols, on offrait des tasses de chocolat chaud aux cyclistes et à ceux qui les suivaient, et on promettait un prix de 5 000 francs, cadeau de la firme alimentaire, au premier coureur à passer tous les cols escaladés dans l'année. Une telle publicité augmenta la popularité des chocolats Meunier au-delà de l'imaginable, si bien que Desgrange annonça en 1931 la création d'une caravane officielle, et de son règlement. Telles furent les origines de la grande parade publicitaire qui, dès l'après-guerre, devait accompagner toutes les courses cyclistes du monde entier. « Le Tour, au-delà de l'aventure sportive, est une fête », devait affirmer Jacques Goddet, un autre des grands patrons de la course française dans l'après-guerre, aux côtés de Félix Lévitan. En 1931, les firmes s'engagèrent dans ce grand mouvement qui profitait de la notoriété des cyclistes pour vendre leurs produits: ce furent les biscottes Delf, la Société Graf, la Vache qui Rit, Esders, Noveltex, et bien d'autres encore. Les véhicules qui servaient à la promotion étaient simples, à l'image de la publicité de l'époque: il s'agissait d'une fourgonnette portant le nom de la marqué sur les côtés. Peu après, en 1936, une marque de rafraîchissements plaça une énorme bouteille de carton-pâte sur le toit de l'un de ses camions. Ce fut une invention sympathique, novatrice et qui attirait l'attention, mais qui demeura éphémère, car l'installation s'échoua à terre en passant sous le premier pont qu'elle croisa sur son chemin. En ce qui concerne le Giro, sa caravane publicitaire naquit en 1933. Précédant d'une demi-heure le passage des coureurs, plusieurs véhicules motorisés circulaient sous les yeux du public, selon lequel, « ils ressemblaient à des chars de carnaval ». Rivalisant d'imagination et de créativité, les différentes entreprises faisaient la promotion de produits qui, dans la plupart des cas, n'avaient rien à voir avec le cyclisme. D'autres étaient néanmoins directement liées à ce sport, comme la Compagnia Continentale Selle Aquila, dont la fourgonnette était couronnée d'une gigantesque selle de bicyclette. La télévision n'ayant pas encore fait son apparition (elle devait arriver sur le Giro au milieu des années cinquante). La caravane publicitaire se contentait de fonctionner comme un long spot composé, en 1933, d'à peine onze véhicules, un nombre qui allait monter jusqu'à cinquante en 1957. Ainsi, dans les années trente, la caravane restait avant tout synonyme de fête plus qu'une perspective de bonnes affaires. Elle intervenait comme une célébration profondément populaire et joyeuse, qui attirait les foules, curieuses également d'entendre les chanteurs et de voir les belles danseuses vêtues pour l'occasion des maillots des grandes équipes, tout ce beau monde entonnant en file indienne l'hymne officiel de la course à étapes.

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·         La Radio Découvre le Cyclisme

Le 28 mars 1895, à Pontecchio di Sasso (aujourd'hui Sasso Marconi), un jeune homme de vingt et un ans appelé Guglielmo Marconi parvint à transmettre un signal en alphabet morse à une distance d'un kilomètre et demi, sans recourir à un fil. Après cette invention révolutionnaire, nommée télégraphie sans filou radiotélégraphie, qu'il breveta à Londres en 1898, il fallut attendre encore quelques années pour assister à la réalisation de la première émission radio de l'histoire. Ce fut le jour de Noël 1906, aux États-Unis. KDKA, à Pittsburgh, fut la première station de radio; elle commença à émettre en novembre 1920. Elle fut rapidement suivie par la Nederland Radio Industrie des Pays-Bas, et par le Poste de la Tour Eiffel en France, qui diffusa sa première émission quotidienne le 24 décembre 1924, avec l'appui" du général Ferrié. La musique, la culture et les nouvelles dominaient cette première radiophonie ; le sport allait y réclamer sa place. En Italie, la première retransmission sportive eut lieu le 6 octobre 1924. Il s'agissait de. La Coupe Schneider, épreuve mondiale d'aviation qui se tenait à Venise. Cependant, la première chronique radio sportive, telle que nous l'entendons aujourd'hui, prit pour prétexte un match de football: l'Italie Hongrie du 25 mars 1928. Signalons, à titre d'anecdote, qu'aux côtés du présentateur se trouvait un aveugle, capable d'évaluer l'effet que pouvait avoir la retransmission auprès des éventuels auditeurs. Les débuts du cyclisme comme sport radiophonique se firent plus tard, et marquèrent le commencement d'une nouvelle ère. Si, jusque-là, le public venait à pied voir sur la route ses héros, avec l'arrivée de la radio ces derniers gagnèrent les faveurs des masses en s'infiltrant jusque dans les foyers les plus lointains et en devenant des idoles pour les amateurs qui croyaient à leurs exploits même sans les voir. Comme sport radiophonique se firent plus tard, et marquèrent le commencement d'une nouvelle ère. Si, jusque-là, le public venait à pied voir sur la route ses héros, avec l'arrivée de la radio ces derniers gagnèrent les faveurs des masses en s'infiltrant jusque dans les foyers les plus lointains et en devenant des idoles pour les amateurs qui croyaient à leurs exploits même sans les voir.  Dans la France de 1929, Dehorter, « le Parleur inconnu », fut le premier chroniqueur sportif à la radio. En 1930, Jean Antoine et Alex Virât réalisèrent pour leur part leur rêve de faire un reportage en direct du Tour de France. S'avançant sur le même chemin, le journal du soir L'lntran et son supplément sportif Match inaugurèrent en 1932 le premier autobus français de radioreportages sur la Grande Boucle. Dans celui-ci, quand il n'y avait pas de téléphone POU! transmettre les nouvelles, on pouvait enregistrer les entretiens sur disque pour ensuite les passer en différé à la radio. Le bus pouvait aussi être placé en haut des cols: les journalistes montaient alors dans une petite tour de guet installée sur le toit et, de là, racontaient l'étape presque en direct. De plus, le journal en question possédait sur la course plusieurs Citroën C 6 : devant tout ce luxe se pressaient les foules, admiratives devant les parois tapissées de cuir, les deux essuie-glaces et, surtout, la possibilité de téléphoner à l'intérieur... Avec ce parc automobile, il n'est pas étonnant que la diffusion du Tour de France ait augmenté à toute vitesse, avec pour conséquence plus de ventes de bicyclettes et, bien sûr, de journaux, puisque cette course avait été avant tout créée pour cela. En 1933, par exemple, le tirage de L'Auto, durant le Tour s'élevait à 854 000 exemplaires. Dans ce climat d'euphorie, Georges Briquet intervenait des cyclistes comme Antonin Magne, Speicher, Le Calvez et bien d'autres. Il ne s'agissait que de conversations enregistrées puis émises en différé, car les premiers reportages radiophoniques de la course, effectués par Jean Antoine et Gautier-Chaumet, n'eurent pas lieu avant 1935. La radio séduisait, mais pas au point d'éviter les critiques de certains cyclistes, comme Archambaud, qui reprochaient à Briquet de raconter avec trop de détails les chutes des coureurs. En 1935, les journalistes de radio ne disposaient que de deux microphones fixes à l'arrivée, et les cyclistes devaient venir vers eux. Romain Maës appréciait de parler dans lé micro. Malheureusement, il était toujours accompagné de Félicien Vèrvaecke, qui en profitait invariablement pour recommander à sa famille de s'occuper de ses pigeons... Il ne faut pas croire pour autant que tout les cyclistes étaient aussi à l'aise devant le micro, bien au contraire: la radio provoquait aussi le trac. Briquet racontai qu'un jour, sur le Tour de 1936, il entre, micro à la main, dans la pièce, I1 mangeaient les cyclistes français, et que c!9ux-ci, en le voyant, {( se mirent à trembler avec une telle violence qu'ils avaient tous l'air de souffrir d'une crise de/delirium ». A ce moment-là, la radio ne fonctionnait qu:en plaine, car les limites techniques ne permettaient pas la retransmission des étapes de montagnes. Pour contourner cet obstacle, on avait parfois recours à des systèmes de signaux qui, depuis le haut du col, communiquaient le nom du gagnant. Quand la radio revint sur le Tour de France après la Seconde Guerre mondiale, les choses avaient bien changé. Le duplex existait et on émettait depuis les Jeeps en marche; on pouvait réaliser des émissions en ondes courtes depuis le sommet des cols et on donnait des bulletins d'information toutes les heures sur le déroulement de la course. On perdait en poésie ce que l'on gagnait en information, laquelle s'avérait plus large et plus complète. Cette situation allait, encore changer, en 195O, avec une nouvelle grande invention, la télévision, l'appareil qui allait apporter les images dans les foyers du monde entier.

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·         Premiers Journaux

Le 11 mars 1869, a Voiron, dans l'Isère, naquit le premier journal consacre entièrement au nouveau phénomène, la bicyclette. Son nom était Le Vélocipède. Des le premier numéro, et en guise d'éditorial, son directeur, expliquait la raison de la parution de cette nouvelle publication : " Nous avons tourne les yeux sur un nouveau venu du monde de l industrie et dont l apparition a été couronnée d un véritable triomphe : je fais allusion au vélocipède. Ce dernier fournit l occasion d un exercice hygiénique de premier ordre, fortifie les muscles; en un mot, il régénère l'homme."

Bimensuel, le journal était destine aux vélocipédistes débutants. Dans le numéro suivant il consacra plusieurs bonnes pages d'un livre intitule Méthode pour apprendre a se servir d un vélocipède en moins d une heure. Grâce aux vélo clubs qui surgissent ici et la, la publication annonce les courses, puis en publie les résultats. Mais trop en avance sur son temps, elle disparaîtra cinq mois seulement après son lancement, victime de son manque de rentabilité. Mais la brèche était ouverte, et, un nouveau venu s empressa bientôt de remplir la place laissée vacante par Le Vélocipède. Il s appelait cette fois Le Vélocipède illustre, et son premier numéro vit le jour en septembre de la même année. Son directeur était Richard Lesclide, secrétaire de Victor Hugo, qui fut le véritable promoteur t soutien du nouveau journal. Lesclide y écrit que " pour gagner des adeptes, il faut prouver que le bicycle permet de parcourir des distances considérables sans se fatiguer autant qu en marchant." Pour en faire la démonstration, Le Vélocipède illustre organise la course Paris Rouen, première course de grand fond de l'histoire. Ce fut une épreuve redoutable, tant en raison de la distance, 123km, à parcourir sur des bicycles pesant jusqu a 30kg, qu en raison de l'état déplorable des routes a cette époque. Le départ ce cette course eut lieu a Paris, Place de l'Etoile, le 7 novembre 1869 a 8h00 du matin. Les 203 participants inscrits pour l'épreuve commencèrent à pédaler sous un froid intense et une pluie battante, qui rendait l'avancée pénible. Les routes de campagne étaient boueuses, tandis que les rues dans les villes traversées étaient généralement pavées. Pour éviter les chutes, de nombreux cyclistes décidèrent de rouler sur les trottoirs. Le vainqueur à Rouen fut un Anglais, James Moore qui, monte sur son bicycle Surivay effectua le trajet en 10h10min.

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Journalisme sportif : les revues de cyclisme

La presse cycliste est née presque en même temps que les vélocipèdes eux-mêmes.
Nous avons déjà parlé de la revue que Richard Lesclide édita en 1869, Le Vélocipède Illustré. Elle fut suivie en 1870 par Vélocipède, puis par Sport Vélocipédique, Le Véloceman, Le Véloce-sport, La Bicyclette, Le Cycliste et Le Monde Cycliste, des revues toutes publiées en France avant 1900 et dans la chaleur de la mode du vélocipède qui faisait toujours plus d'adeptes. Dans d'autres pays sortirent aussi de nombreuses revues consacrées uniquement au monde de la bicyclette : en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, au Portugal, et, en Irlande. Toutes ces revues furent intéressantes, bien que d'un faible tirage et donc d'une diffusion limitée. Cet état de choses changea, du moins en France, avec la parution en 1899 de La Vie au Grand Air, une revue' que seule la crise de la Première Guerre mondial put faire disparaître. Cette revue au papier de qualité et aux bonnes photographies, bénéficiait d'un tirage plus important et était destinée à un public sélectif, les sportsmen de la bourgeoisie et de la haute société. Pour cette raison, elle faisait aussi une place à l'escrime, à l'automobile, au sport hippique et, même, à l'aéronautique naissante. Souvenons nous de plus que le cyclisme français de la Belle Époque était plus un sport de vélodrome que de mute, ce qui n'empêchait pas La Vie au Grand Air d air de rendre compte régulièrement de ce qui se passait dans les courses comme Bordeaux, Paris, Le Paris Roubaix, Le Paris Brest Paris ou le Tour de France, depuis ses début en 1903.

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·         Cyclisme et télévision

Si la préhistoire de la télévision embrasse une' période qui va de la fin du x/xe siècle jusqu'en 1935, la première relation sérieuse de ce moyen de communication avec le cyclisme date du Tour de France de 1950. En France, ce fut René Barthélemy qui installa, en avril 1935, un studio de télévision dans l'École Supérieure d'Électricité, à Paris, et qui se servit de la Tour Eiffel pour placer la première antenne. Celle-ci fut paralysée pendant la Seconde Guerre mondiale, même si les troupes allemandes remirent en fonctionnement les studios parisiens vers 1943. A l'automne 1947, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les rares téléspectateurs français d'alors pouvaient profiter de douze heures hebdomadaires de programmation régulière; la couverture géographique de ces émissions restait néanmoins très limitée. Les premières amours du cyclisme et de la télévision datent de 1949 : .Jacques Sallebert réalisa un reportage en direct de l'arrivée du peloton du Tour de France au Parc des Princes. Cette retransmission, à dire vrai, passa presque totalement inaperçue, c alors très peu de Français disposaient chez eux d'un récepteur de télévision. L'année suivante, la télévision fit un pas supplémentaire quand l'équipe du .Journal Télévisé décida de raconter à ses spectateurs, jour après jour, ce qui se passait sur le Tour. Ces reportages éclipsèrent même les autres nouvelles politiques, sportives, sociales ou culturelles du pays. En raison du bon accueil de ces reportages primitifs, la télévision fit les yeux doux au Tour de 1952. Ce fut Pierre Sabbagh qui fit entrer littéralement les caméras dans la course, grâce aux images prises par Persin et aux commentaires assurés de Georges de Caunes. Dans ces vieux documents en noir et blanc, on voit (selon les exigences du scénario) Coppi, Robic et Bobet sourire à la caméra, offrant ainsi au cyclisme un visage humain. Avec deux caméras 16 millimètres et leurs pellicules, des motos BMW munies de suspensions télescopiques à l'arrière, une jeep de soutien, deux cameramen (Persin et Wakhevitch). un chauffeur et un monteur (Angerbault, du Pathé Journal), chargé de donner un sens/logique à tout le matériel filmé, ces premiers reportages télévisés furent réalisés puis envoyés quotidiennement à Paris en train ou en avion. Là, après une vraie course contre la montre pour arriver à temps aux studios de Cognac-Jay, un commentateur ajoutait sa voix aux images, tout cela avant l'heure de l'émission, programmée à midi et demi . Ainsi, les spectateurs privilégiés qui avaient un récepteur de télévision chez eux (60 000 appareils en 1953) pouvaient assister à douze minutes de cyclisme en boîte et suivre le récit de l'étape précédente. Ces spectateurs voyaient ainsi les départs et les arrivées, les échappées et les sprints, les joies et les larmes des cyclistes. Cela devait prendre une ampleur plus vaste encore en 1954, car le gouvernement français lança un plan quinquennal qui envisageait l'installation de 45 transmetteurs. Ce plan était justifié autant par le faible pourcentage de foyers français équipés de téléviseurs que par le manque de couverture, qui privait de nombreuses régions de la réception du signal télévisuel. C'est ainsi que l'on put voir en direct l'ascension du col de l'Aubisque, avec l'aide de quatre caméras 35 millimètres. Ce tour de force fut dépassé l'année suivante, puisqu'on fit de même au Puy-de-Dôme. Néanmoins, l'avancée la plus spectaculaire dans le champ télévisuel se produisit sans aucun doute en 1960. C'est à ce moment que l'on se servit des premiers hélicoptères pour prendre des images de la course, tandis que dans la montée du col de Peyresourde, on employait quatre voitures pour que les téléspectateurs puissent vivre la montée mètre après mètre. Le succès fut tel et l'audience si importante que la formule fut reprise quatre jours plus tard, sur l'Izoard, au cours de l'étape Gap-Briançon. Dès 1962, on assista aux retransmissions journalières de la course. Grâce aux prestations de la nouvelle caméra HF, on put suivre les derniers dix kilomètres, puis les vingt, les trente, et ainsi de suite. Selon l'expression de Pierre Chany : « Le Tour, qui jusque-là traversait les villages, faisait irruption dans les foyers ». Barthélemy qui installa, en avril 1935, un studio de télévision dans l'École Supérieure d'Électricité, à Paris, et qui se servit de la Tour Eiffel pour placer la première antenne. Celle-ci fut paralysée pendant la Seconde Guerre mondiale, même si les troupes allemandes remirent en fonctionnement les studios parisiens vers 1943. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les rares téléspectateurs français d'alors pouvaient profiter de douze heures hebdomadaires de programmation régulière; la couverture géographique de ces émissions restait néanmoins très limitée et de la télévision datent de 1949 : .Jacques Sallebert réalisa un reportage en direct de l'arrivée du peloton du Tour de France au Parc des Princes. Cette retransmission, à dire vrai, passa presque totalement inaperçue, c alors très peu de Français disposaient chez eux d'un récepteur de télévision. L'année suivante, la télévision fit un pas supplémentaire quand l'équipe du .Journal Télévisé décida de raconter à ses spectateurs, jour après jour, ce qui se passait sur le Tour.

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Cinéma et bicyclette

Le 19 février 1955, au Vel' d'Hiv, à Paris, Gilbert Caucanas lança le tournage d'un film qui racontait la vie de Louison Bobet; entre autres y participaient Roger Hassenforder, Jean Robic et l'acteur comique Bourvil, lequel était chargé de donner le départ de la première des épreuves filmées. Avec ce film, le septième art (qui était né lui aussi à Paris, le 22 mars 1895) rendait un nouvel hommage au sport à deux roues. Il lui payait un tribut logique, le cyclisme étant, comme le cinéma, des émanations du mouvement. Un ancêtre du cinéma, le phénakistiscope, créé en 1832, avait déjà utilisé les images de draisiennes en mouvement. Ce fut encore le cas plus tard, avec le zootrope d'Horner, qui recréait la sensation de mouvement grâce à un tambour percé d'ouvertures et que l'on faisait tourner: à l'intérieur se trouvait un autre tambour en carton avec les images d'un cycliste à différentes phases du pédalage. Vint ensuite le cinéma muet, dans lequel apparurent de manière occasionnelle quelques vélocipèdes. Il fallut attendre 1923 pour que Buster Keaton dirigeât Les Lois de l'hospitalité, dont l'action se passe dans les États-Unis de 1830, et où un rôle central est joué par un hobby-horse. Trois années plus tard, en France, Maurice Champreux filma Le Roi de la pédale. Après 1928, plusieurs films parlants, d'intérêt mineur furent tournés sur le sujet comme Hardi les gars de Maurice Charnpreux. Le Roi des Six Jours et la Bonde infernale. Dans les années trente, le cinéma français s'intéressa fortement au cyclisme et, en 1938, Meg Lemonnier tourna le premier film qui rendait hommage au Tour de France: Pour le maillot jaune. L.:acteur Albert Préjean, qui avait autrefois été stayer, et qui tourna en moto sans être doublé pour le film Rivaux de la piste, en fut la vedette. Parfois, la bicyclette, et le cyclisme en lui-même, ne revêtent que des fonctions anecdotiques dans la narration du film. Ce fut le cas dans Les Cinq sous de Lavarède, réalisé peu avant la Seconde Guerre mondiale par Cammage, d'après le roman de Paul d'Ivoi et Henri Chabrillat, ou de L'Année Sainte, de Jean Girault, dans lequel Jean-Claude Brialy, qui interprète un faux curé, se retrouve à confesser un homme: celui-ci, curieusement, est accusé de s'être dopé sur le Paris Bruxelles, et d'avoir ainsi volé sa victoire à Poulidor. Cinq tulipes rouges (1948), de Jean Stelli, eut également pour cadre la Grande Boude. L.:affiche du film était sans aucun doute éloquente car, outre le visage des trois principaux protagonistes (René Dary, Suzanne De helly et Raymond Bussières). On y voyait le peloton prêt à rouler sur un cycliste tombé à terre. Il ne s'agissait pas d'accident mais de crime, car le film appartient au genre policier. L.:intrigue se déroule sur le Tour de France de 1948, pendant lequel ce n'est ni plus ni moins que le maillot jaune qui est assassiné... Soulignons que, parmi les conseillers techniques du film, se trouvaient Francis Pélissier, Fernand Mithouard et Georges Speicher. En Italie, en marge des actualités qui reflétaient les succès de Coppi et de Bartali, il n'y eut pas de films marquants sur le monde du cyclisme. Notons néanmoins, il est vrai, que la bicyclette décrocha le premier rôle dans un grand classique du néoréalisme italien, Le Voleur de bicyclette (1948) de Vittorio de Sicca. Un infortuné Lamberto Maggiorani (dans le rôle d'Antonio Ricci) perd son honneur en tentant de voler une bicyclette afin de pouvoir travailler. Une idée similaire, faisant de la bicyclette un indispensable outil de travail, se trouvait dans un film français antérieur, Le Jour se lève, qui mettait en scène un Jean Gabin se rendant à son usine à coups de pédales. Le film de Jacques Tati, Jour de fête (1949). Nous montre un facteur très particulier qui distribue le courrier sur sa bicyclette, mais accroché à l'arrière d'un camion. Le cinéma espagnol de l'époque introduisit également la bicyclette dans ses scénarios, comme dans le film Muerte de ciclista (Mort d'un cycliste, 1954) de Juan Antonio Bardem. Quelques autres films peuvent être affilies à ce que l'on pourrait nommer le «genre de bicyclettes» comme La Rue des prairies (1959) de Denys de La Patellière ; Vive le Tour (1962), de Louis Malle et Jacques; Ertaud ; La Course en tête (1974) de Joël Santonti ; pour un maillot jaune (1965) de Claude Lelouch; et le délicieux Les Cracks (1968) d'Alex Joffé, montrant un Bourvil affublé de grandes moustaches en forme de bicyclette. Ce dernier film raconte les débuts d'une course mythique au début des années 1900, le Paris-San Rémo. L'un des personnages invente une bicyclette prodigieuse, qui lui permet de l'emporter devant tous ses rivaux. La bicyclette en question, conçue par René Geslin, fut exposée au musée de la Bicyclette de Falmignoul. Les liens entre cyclisme et images animées ne devaient jamais se dénouer, et ils se resserrèrent même avec l'arrivée de la télévision, qui produisit de magnifiques films et documentaires, comme ceux; des cinéastes allemands sur le Giro.

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·         Arrivée des grands sponsors

Dans les premiers temps du cyclisme, ce sport se pratiquait pour la gloire personnelle et pour l'orgueil, et rapportait de temps en temps quelques sous et une coupe. Si l'on se penche sur les journaux et les revues déjà centenaires qui dressaient la liste des prix de ces premières courses ayant lieu en Europe, on ne peut que sourire en vérifiant qu'au début du xx8 siècle, la plupart des coureurs se considéraient bien payés quand ils remportaient une médaille, une montre, un plumier en argent ou des bouteilles de Cognac, les lots à gagner tenant tous là. Les prix en argent n'existaient pas, et il était également rare que des entreprises commerciales appuient un coureur. Avec le temps, cependant, la tendance changea. Ce fut chez les grandes puissances du cyclisme, comme la France et l'Italie, que naquit l'idée de faire soutenir par les marques fabriquant des bicyclettes et des pneumatiques les meilleurs coureurs du moment; ceux-ci étaient approvisionnés en fournitures et, parfois, touchaient un maigre revenu. Dès 1909, sur une course en avance comme le Tour de France, 41 des 256 cyclistes qui composaient le peloton se trouvaient sous la protection d'une marque, qu'il s'agisse de celle d'un fabriquant de bicyclettes (Alcyon, Atala, Legnano), comme de celle d'un fabricant de pneumatiques (Biguet-Dunlop). Ces premiers « sponsors» se rendirent vite compte que le cyclisme était un excellent véhicule publicitaire, très rentable pour leurs produits. Ainsi, par exemple, la firme française Alcyon, qui, avait la naissance du Tour du Pays Basque, en 1924, déclarait que la vente de ses produits dans le Nord de l'Espagne 1ui rapporta 70 000 francs annuels vit ses gains monter jusqu'à 4 millions de francs en 1929, grâce à l'inégalable publicité que lui faisait le cyclisme, lequel, en l'absence de télévision, reçut un accueil sensationnel de la part des journaux de l'époque. Peu à peu, d'autres fabricants, qui avaient peu - ou rien du tout - à voir avec le cyclisme, se rapprochèrent de celui-ci. Des chocolats, des caramels, et même des fromages profitèrent de la bonne image que leur donnait la bicyclette pour se vendre. « Cyclistes! Dans vos provisions ne doit jamais manquer le fromage La Bernoise (la petite boîte rouge). C'est de la vie pour votre organisme affaibli. Réclamez-le à grands cris partout! » disait une annonce parue en 1 928 dans le journal Excelsior. A l'époque, en France et en Italie, se multipliaient les équipes aux noms de marques, tandis qu'en Espagne, certains coureurs de haut niveau, comme Ricardo Montero (Dilecta) ou Canardo (Elvish) couraient pour des fabricants de bicyclettes étrangers qui leur fournissaient tout juste la bicyclette et un maillot portant leur nom. C'est aussi de cette époque de la fin des années vingt que date la création de sections cyclistes au sein d'équipes comme l'Athletic de Bilbao ou le Fûtbol Club Barcelona, même si cette initiative ne fut qu'éphémère. Les clubs et les sociétés sportives supportaient également la charge économique qui consistait à maintenir de minuscules équipes cyclistes, tandis que sur le Tour couvait une révolution. De 1926 à 1928, le Tour se disputait par équipes de marques, lesquelles côtoyaient ceux que l'on appelait les« touristes routiers », qui n'étaient autres que des cyclistes faisant la course par leurs propres moyens et livrés à leur sort; ces derniers se regroupèrent, en 1929, en équipes régionales. Cette année-là, Henri Desgrange eut une discussion animée avec le directeur de l'équipe Alcyon, lequel abusait de la force de l'entreprise qui le protégeait pour dicter les règles de la course, et décida de refondre le règlement: il instaura le système des équipes nationales pour le Tour de 1930. Cette nouvelle fit l'effet d'ur1'e bombe parmi les fabricants de bicyclettes, chez lesquels elle entraîna de nombreuses pertes. De ce moment jusqu'en 1961, le Tour de France, la meilleure et la plus importante des courses par étapes du monde, devait maintenir avec obstination sa décision de n'accueillir que des équipes t1atiQnales et régionales. Néanmoins, pendant cette longue période, les bases du sport à deux roues ne cessèrent de bouger. En 1954, un solide et têtu cycliste italien de nom de Fiorenzo Magni obtint l'autorisation de l'Union Vélocipédique Italienne de procéder à une révolutionnaire combinaison commerciale : sur un même maillot se partageaient l'espace une 'entreprise cycliste et une entreprise commerciale. Cela revenait à une véritable hérésie, car, jusque-là, la publicité des équipes cyclistes était réservée aux fabricants de bicyclettes. En 1954, la tradition était fondée et représentée par Bianchi, Atala, Botecchia, Arbos, Fréjus, Legnano, Torpado et Lygie, équipes auxquelles devait 's'ajouter deux nouvelles: Bartali Brooklyn et Nivea-Fuchs. La première de ces deux équipes avait à sa tête Gino Bartali, qui pour sa dernière année avait trouvé l'appui économique d'une usine d'imperméables. De l'autre côté, Fiorenzo Magni était I chef de Nivea-Fuchs, une équipe sponsorisée par une crème hydratante, un produit assez éloigné de l'image habituelle du cyclisme, De cette façon, Magni démontrait que n'importe quelle société, même la plus inattendue, pouvait se lier au monde du cyclisme et donner son nom à une équipe. La provocation de Magni allait plus loin encore, car son équipe, à la différence de celle de Bartali, mettait le nom de son sponsor avant celui de la marque de bicyclettes. Enfin, Magni inscrivit à l'Union Vélocipédique Italienne le groupe sportif Nivea-Fuchs, ce qui faisait que Nivea avait désormais sa propre équipe, et n'était pas seulement un nom remplaçable, que l'on pouvait utiliser et jeter, sur le maillot des coureurs. Nombre de cyclistes appuyèrent ce projet. Coppi, qui courait avec Bianchi, qui le payait 15 millions de lires par an, soutint fermement cette innovation, comme la plupart des petits cyclistes, les équipiers payés à peine 40 000 lires par saison, qui supposaient que ce nouvel ordre des choses ferait augmenter leurs salaires. Il en fut effectivement ainsi, car les sponsors commerciaux apportèrent de l'argent frais. On vit alors arriver des entreprises de vermouth (Carapano) et de brillantine (Tricofilina) qui appuyaient de toutes leurs forces la nouvelle formule, à laquelle continuait de s'opposer le Français Goddet. Pour lui, Magni avait introduit le « poison dans le cyclisme », et il s'opposa donc à la participation d'équipes commerciales sur le Tour: « Ou ils enlèvent leurs maillots ou ils restent chez eux ». La question devint épineuse, et s'arrangea légèrement grâce à une mesure diplomatique: le Tour continuait de se courir selon la formule des équipes nationales, mais sur le maillot des coureurs pouvait apparaître - petite fenêtre - le nom du groupe sportif auquel appartenait le coureur. Il ne restait à Goddet, le patron du Tour, d'autre solution que celle de capituler. lors d'une conférence de presse donnée le 4 octobre 1961, où l'accompagnait Félix lévitan, il accepta que le Tour de France fût couru par les équipes de marques commerciales, promettant de revenir à l'ancien système au bout de quatre ans. Le Tour de 1962, le premier avec des équipes sponsorisées par des marques depuis trente-trois ans, démarra avec 150 coureurs et connut un grand succès. C'est ainsi que commença l'époque des « sponsors» - un mot inconnu à ce moment-là -, à différents niveaux, et qui, avec le temps, allaient devenir des soutiens institutionnels.

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Peugeot

Vinrent ensuite les années de splendeur du coureur Coppi, années, de grandes vic­toires et des fortes ventes profitant de cette publicité. En ce temps-là, le rêve des enfants était de posséder l'une de ces machines, ils étaient sensibles à la phrase de promotion du grand Fausto Coppi « Qui a une Bianchi a un trésor ». Un lion marchant fièrement sur une flèche: tel était le symbole que l'orfè­vre et sculpteur de Montbéliard Justin Blazer imagina comme seing des articles en acier que produisaient les usines des frères Peugeot en 1858. Par cet emblème, il s'agissait de refléter la résistance, la légèreté et la rapidité de l'acier Avec cet acier, Peugeot se mit à construire ses premiers vélocipèdes s'adressant aux plus grandes familles bourgeoises. Un an plus tard, les pre­miers modèles ornés du lion s'exhibè­rent à l'Exposition Universelle, où ils remportèrent un tel succès que les frè­res décidèrent d'ouvrir un grand com­merce de vente directe au public. Le marché mondial de la bicyclette était dominé par les machines anglaises. La Seconde Guerre mondiale eut pour ef­fet une augmentation de la production des bicy­clettes fabriquées par Peugeot, qui fournissait l'armée française. Enfin, en 1927, la section des bicyclettes se sépara de celle des automobiles. Les deux sociétés devinrent autonomes Son histoire a été racontée par Lucien Hilger dans son livre Peugeot et le cy­clisme.  Il y parle de ce symbole français et des cyclistes qui ont forgé sa gloire: Hyppolite Aucouturier, Bernard Thévenet, le fameux « Nanar » qui remporta deux Tours de France, et Gilbert Duclos-La­salle, qui brilla beaucoup plus tard sur le Paris-Roubaix.

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Alcyon

«Légères, gracieuses et solides», tel était le slo­gan publicitaire avec lequel la firme Alcyon faisait la promotion de ses bicyclettes en 1902. Née en 1897 sous le nom de Zedel, en Suisse, et transplantée sept ans plus tard en France, à Ferrière-sous-Jougne, la société Alcyon récolta une rapide renommée pour la solidité de ses automobiles, dont le châssis était fa­briqué en acier monobloc. Cependant, ce furent sa production de motos et, surtout, celle de bicyclettes qui connurent l'essor le plus spectaculaire, en raison de la fiabilité qui accompagnait leur image de marque. Ainsi, à partir des 3 000 bicyclettes qu'Alcyon fabri­quait en 1902, on passa à 40 000 unités en 1909. Cette vigueur des ventes faisait écho aux victoires des bicyclettes Alcyon, sur tous les fronts: quatorze triomphes au Tour de France, douze sur le Paris-Roubaix et treize sur le Bordeaux ­Paris.

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·         La Bicyclette Sans Nom

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La haute couture cycliste

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·         Récits galants

Ce fut pas avare en polémiques, dans les années cinquante, autour du cyclisme et du sexe, car d'aucuns prônaient la chasteté comme premier commandement du cycliste. Cela n'était pas nouveau, depuis des temps immémoriaux les premiers sportifs associaient la pratique sexuelle à une perte de forces. Les athlètes des premiers.Jeux olympiques pratiquaient l'infibulation, se détournant ainsi de tout excès de sexualité qui aurait pu leur donner les jambes lourdes. Il s'agissait d'empêcher les contacts physiques en perçant d'un anneau le prépuce de l'homme et en cousant les petites lèvres des femmes. Les raisons avancées pour de tels interdits sexuels remontaient aux balbutiements de la médecine, la quelle comparait une goutte de sperme à « la perte de quarante gouttes de sang et de protéines », comme le décrivait le docteur.Jean-Pierre de Mondenard dans son livre Cyclisme-Médecine sportive. Nous y apprenons que ce n'était pas la relation physique qui apparaissait en elle-même reprochable, mais bien la perte de liquide spermatique. Avec de telles croyances, ce n'est pas étonnant de lire dans une œuvre éducative consacrée au sport, et publiée en 1925, une ardente défense de la tempérance : « Il n'y a pire ennemi du sport que l'incontinence sexuelle. Combien de gloires se sont perdues, de manière inattendue, à cause des femmes! Celui qui se consacre au sport nécessite toute son énergie musculaire et nerveuse, et il a besoin de garder ses forces dans toute leur intégrité ». C'est peut-être pour cela que Jacques Anquetil, réputé pour être un coureur de jupons, évitait, lors des grandes occasions, c'est-à-dire sur le Tour de France, de tomber dans les tentations du sexe. « Il m'est arrivé d'avoir des relations sexuelles pendant certains des Tours que j'ai perdus, assurait le champion normand. Au contraire, dans ceux que j'ai gagnés j'ai maintenu une abstinence totale. Je crois que l'on doit observer une réserve sur l'aspect sexuel pendant les trois ou quatre mois les plus importants de la saison ». Mythe ou réalité? Peut-être un mélange des deux, où doit prédominer le rôle de la pression psychologique, sous forme de complexe de culpabilité. En fait, il semble démontré médicalement que l'énergie" dépensée dans l'acte sexuel n'excède pas celle que nous employons à courir 40 mètres à toute vitesse ou à monter des escaliers. Sans doute le secret est-il dans notre esprit, dans le regard particulier que porte chaque athlète sur cet acte intime. Souvenons-nous de cette anecdote, lors d'une épreuve de Six Jours, où le grand Fausto. Coppi prit cavalièrel11ent la fuite devant une Gina Lollobrigida désireuse de faire plus ample connaissance.  Des éclaircissements sur les relations difficiles entre sexe et cyclisme ont été donnés par les récits de cyclistes qui ont osé mettre leurs histoires d'amour par écrit. Pierre Mancicidor est né à Bègles le 30 mars 1922. Il courut en 1946 et 1947 avec l'équipe Mercier, en 1948 avec EIvish et, de 1949 à 1954, avec La Perle. Il a raconté une divertissante histoire de badinage de sa vie de coureur arrivée sur le Paris-Limoges de 1951, une course qui se faisait sur un parcours de 363 kilomètres. « Le fait est que la nuit précédant la course, je l'ai passée dans les bras d'une Aphrodite, et nous avons servi Éros jusqu'à l'exténuation... Au départ de Paris, je n'étais plus très content de mon procédé. Pour me punir, je me suis dit: "Tu as fait le c... cette nuit et tu vas le payer le reste de la journée". J'ai attaqué, donc, au départ et nous sommes restés en tête, avec une douzaine de coureurs... Trois cents kilomètres plus loin; nous continuions l'échappée. J'avais disputé avec succès tous les sprints secondaires et j'avais aussi touché la super prime du "Ruban des Grandes Villes". Je m'imaginais que si j'avais été le plus rapide durant la course, je le serais aussi à l'arrivée à Limoge. Malheureusement, j'ai lâché à l'improviste dans les 40 derniers kilomètres. Contrairement à ce qui était normal, les longues distances, mes alliées habituellement, me jouèrent la un mauvais tour. En y réfléchissant, après je me suis dis que j'avais paye les efforts de la nuit passée. Eh bien, c'est la vie... Vainqueur du Tour de France de 1930 et 1932, André Leducq racontait dans son livre Une fleur au guidon une anecdote piquante qui lui était arrive au zénith de sa gloire « Pendant une journée de repos dans un petit village dont je tairai le nom, nous avons été invités avec toute l'équipe à dîner chez un couple de commerçants, désireux de gagner en notoriété grâce à notre présence. Appartement super luxueux. Repas de fête. ..J'étais assis à la droite de la maîtresse de maison et, sous la table, elle frottait ses jambes contre les miennes... Une dame appétissante, proche de la trentaine, peut-être avec un léger excès de maquillage, mais avec le visage en feu. Mais ce n'était pas de la rigolade!J'étais le maillot jaune du Tour et l'étape du lendemain était dure. Après le dessert, au moment du café, quand l'attention des invités se dispersa avec la formation de petits groupes, la dame insista pour que je l'accompagne dans une autre pièce afin de voir sa collection de cartes postales japonaises. Et dans ce petit salon aux lumières tamisées, j'ai succombé à la tentation, je suis tombé au champ d'honneur avec elle dans le canapé. À ce moment-là, son digne époux porta mon maillot jaune... J'entendais sa voix passer au-dessus des autres conversations dans la salle à manger toute proche. Et aussi le gros rire de Marcel Bidot, le renard... Lui s'était rendu compte des manœuvres de la dame et de notre retraite à l'anglaise. Il m'avait adressé un bon clin d'œil... Et maintenant il s'efforçait de retenir l'attention du mari. C'était la tactique de l'équipe. Pour finir, qu'avons-nous: un couple de nouveaux riches, une femme ardente, les cartes postales japonaises, le petit salon doucement éclairé et, en supplément, Marcel qui joue les complices. Vous allez penser que ce n'est pas vrai, que c'est une fiction de roman de gare. Pourtant, c'était réel. Je l'ai vécu. Et le lendemain j'ai gagné une étape qui n'était pas des plus faciles ». Le plus curieux de cette histoire est qu'elle eut une suite. Un an plus tard, en 1933, en vue d'une épreuve sur piste, Leducq s'entraînait dans un vélodrome presque vide. « Une femme me faisait des signes à chaque tour. Avec la complicité d'un aide de piste, je l'ai fait venir dans mon vestiaire. Nous avons parlé et, avec précaution, je lui ai demandé son nom. Elle a paru douloureusement surprise: "Comment, tu ne m'as pas reconnue 7" C'était la femme du commerçant de l'étape de repos sur le Tour. Celle qui le jour suivant notre rencontre m'avait envoyé un gentil télégramme de félicitations : "Continue le traitement, il te réussit" ». N'allons pas croire, toutefois, que ce duel apparent entre sexe et cyclisme n'appartienne qu'au passé. Plus proches de nous, il y eut les surprenantes déclarations sur le thème du Polonais Zenon Jaskula. Celui-ci fut la révélation de la saison cycliste de 1993, grâce à sa performance sportive dans les montagnes du Giro et du Tour, sur lequel il arriva troisième. En marge de ses prestations cyclistes, Jaskula fut à nouveau sur le devant de la scène (de manière surprenante pour certains, hilarante pour d'autres) au mois de décembre, quand il livra ses opinions sur la vie sexuelle des cyclistes, lors de déclarations publiques rendues par le journal Gazeta Wyborcza. « Si le cycliste du plus haut niveau veut se maintenir pleinement en forme il doit renoncer au sexe au moins trois semaines avant une compétition importante et, comme en fin de saison il y a beaucoup de ces courses, cela signifie que, s'il veut se maintenir aux places les plus élevées, il ne peut faire l'amour qu'une dizaine de fois par an ;"dit Jaskula. Devant un calendrier de réjouissances aussi réduit de nombreux cyclistes d'alors réagirent en se moquant des déclarations du coureur polonais, qui alors planifiait son mariage avec Claudia, a laquelle certaines journaux de l'époque conseillèrent, en plaisantant, de bien réfléchir avant de s'engager, étant donne ce qui l'attendait.

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